Rawfood mon amour, par Virginie Militon

Rawfood mon amour, par Virginie Militon

Raw food, alimentation vivante ou encore crudivorisme, c’est la même chose ? En France oui, à l’étranger il semblerait que non…

Crudivorisme : Régime à tendance végétalienne consistant à se nourrir d’aliments uniquement crus (s’il y a cuisson, elle n’excède pas 42°C pour préserver les vitamines, minéraux, etc. et notamment les enzymes digestives).

Raw food ou “alimentation vivante” : Régime qui consiste à manger des aliments non transformés, ni raffinés par l’industrie agro-alimentaire, des aliments naturels, frais, bruts. L’alimentation vivante est essentiellement crudivore et végétalienne mais avec quelques ajouts possibles d’aliments cuits (cuissons cependant toujours respectueuses des aliments : four basse température, vapeur douce).

Objectif ?

Préserver au maximum LES ENZYMES (mot magique en Raw food ! ) qui favorisent la bonne digestion et donc la bonne assimilation. Profiter pleinement de la richesse nutritionnelle des aliments crus pour bénéficier de toute leur vitalité 🌱

La Raw food à l’étranger

Raw food ne signifie cependant pas manger 100% cru, même si c’est ainsi qu’elle est entendue – et souvent pratiquée – en France. Il faut savoir que ce n’est pas toujours le cas à l’étranger.
En effet, il n’est pas rare de trouver dans une assiette raw canadienne ou américaine garnie de divers mets “crusinés” finement une belle patate douce rôtie ou quelques légumes cuisinés plus traditionnellement. Le site Weloveraw tenu par Alexandra Muller, qui voyage beaucoup (notamment aux États-Unis, au Canada et en Thaïlande) évoque cette différence notable et c’est précisément ce qui lui a donné envie de parler Raw food en France : témoigner du fait que la Raw food ne se limite pas toujours aux aliments crus.

La Raw food en France

Le mouvement de la Raw food en France se veut beaucoup plus “radical” (radical dans le sens de racine, plus proche de la nature profonde de l’homme), plus crudivore dans son ensemble : les écarts sont rares et souvent suivis d’une purge d’élimination ou jeûne car les aliments cuits sont considérés comme non compatibles avec la physiologie humaine, entravant le bon fonctionnement des organes et de l’organisme tout entier.
-> Il est à noter que les raw foodists ou crudivores sont des gens hautement documentés qui, pour la plupart, maîtrisent la physiologie humaine de façon assez pointue et non des huluberlus qui se lancent tête baissée dans cette voie : les arguments sont précis et étayés, le propos toujours très pertinent, quoi que l’on en pense.
Les restaurants français qui proposent des plats crus (encore trop rares…) associent rarement cru et cuit dans une même assiette. Le restaurant gastronomique 42 degrés à Paris 9 propose même une carte entièrement raw !

Extrémisme ?

Quand on compare ce régime à la norme, c’est certain ! Quand on expérimente et que l’on prend conscience des bénéfices sur le plan santé et vitalité beaucoup moins, le propos fait très vite sens. Plus on mange cru, plus notre corps appelle le cru : nos goûts changent, notre palais se développe, nos habitudes évoluent naturellement sans même qu’on ne le décide spécialement ; l’attirance se porte sur d’autres saveurs et, surtout, nous n’avons plus envie de rogner sur notre vitalité et santé !

Alors, raw ou “cru” ?

Je préfère personnellement le terme raw à celui de “cru” même si je continue de l’employer -> ce dernier est limitant car il renvoie trop à “crudités” : les gens imaginent alors le régime des “raw foodists” uniquement composé de salades ou légumes à la croque alors que cette gastronomie est si riche en textures, goûts, associations ! Il me semble que les termes “raw” ou “vivant” questionnent davantage et invitent à échanger sur le sujet, à expliquer la démarche, à étayer le propos. Pour le reste, on est bien d’accord : Raw food et cuisine “crue” c’est la même chose ! A quelques légumes cuits près…

Une philosophie ?

Au-delà d’un simple mode alimentaire, on peut dire que la Raw food est une philosophie : la manière de voir, de comprendre, d’interpréter le monde change elle aussi avec l’alimentation. Pour autant, le mouvement crudivore n’impose pas de philosophie particulière, le changement se fait encore une fois spontanément. Il est assez aisé de comprendre que notre façon de nous alimenter modifie nécessairement notre perception du monde, je m’explique (avec petite digression assumée 😉 ) :
Nous modifions notre microbiote en fonction de ce que nous mettons dans notre bouche : les bactéries que nous abritons et qui nous gouvernent ne sont pas les mêmes en fonction de notre alimentation (résultat des dernières recherches en neuroscience) -> le terrain se voit changé ainsi que toutes les pathologies qui y sont associées !

En effet, nous savons aujourd’hui que notre microbiote intestinal est directement en lien avec notre cerveau, celui-ci influence nos émotions, comportements. Voilà les nouvelles avancées de la science… mais n’est-ce-pas de la logique pure ?
Non, nos organes ne sont pas indépendants les uns des autres. Non, il n’y a pas le corps d’un côté qui mène sa petite vie et le cerveau de l’autre qui se concentre sur ses tâches : nous sommes un TOUT et tous nos organes sont interconnectés : quand vous êtes stressé, vous n’avez pas faim ou, à l’inverse, vous présentez des envies compulsives de manger. Ceci, parce que votre cerveau et vos émotions sont directement en lien avec votre système digestif.

A partir de là, on peut comprendre que la modification de l’alimentation, dans un sens, comme dans l’autre, entrainera un changement de comportement et de positionnement par rapport à soi, aux autres, au monde. Aujourd’hui, l’épigénétique le confirme (une révolution côté biologie qui suggère que nos modes de vie, notre nourriture, notre histoire influencent également notre héritage biologique) : le tout génétique qui consiste à penser que nous ne sommes responsables de rien, victimes de nos gênes, c’est fini :)) : il semblerait que nous soyons essentiellement… ce que nous mangeons !

Anne Wigmore, mère de la Raw food 🍀

C’est le docteur Ann Wigmore, aux États-Unis, dans les années 50, qui a mis au point les bases de ce mode alimentaire après s’être soignée de deux cancers. Elle en définit alors les grandes règles de vie et d’alimentation – à forte connotation végétalienne – et ouvre plusieurs centres de santé à Porto Rico et à Boston. Beaucoup d’autres médecins et naturopathes hygiénistes prônent la Raw food en cas de pathologie grave, chronique et surtout en prévention et ce depuis plus d’un siècle (Herbert Shelton, Albert Mosseri, Robert Morse, Irène Grosjean, etc.)

La Raw food, une nouvelle tendance ?

Il est assez simple de démontrer qu’il ne s’agit pas d’une mode :
1. Même si elle ne se développe en France que depuis quelques années, elle existe à l’étranger et notamment en Californie depuis plus de soixante-dix ans.
2. Beaucoup de grands sportifs se mettent à la Raw food pour des questions de santé et de performances très nettement accrues.
3. Des cliniques et médecins hygiénistes dans le monde entier traitent leurs patients atteints de graves pathologies par un régime essentiellement cru (et autres soins complémentaires : purges, jeûnes, plantes, jus, etc.) et beaucoup de maladies considérées comme “incurables” sont soignées en quelques mois, voire semaines.

Des preuves scientifiques ?

Pensez-vous vraiment que les lobbies de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie agro-alimentaire souhaitent financer ce type d’études ? Le jour où l’on a compris que ce sont eux qui financent la majorité des études pour servir leurs propres intérêts, on a tout compris : la crédulité prend fin et on peut alors choisir de changer de paradigme (article sur le financement des études scientifiques).
Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une chose ne se vérifie pas qu’elle n’existe pas ! Aux personnes qui me disent ne croire que ce qu’elles voient, je réponds qu’elles auraient fait un très mauvais scientifique :
toute vérité scientifique ne commence-t-elle pas par une croyance ? Avant l’invention du microscope, par exemple, personne ne croyait au monde de l’infiniment petit, il a fallu faire l’hypothèse que cela existait pour pouvoir ensuite le vérifier.

Les raw foodists et crudivores n’ont pas besoin d’études scientifiques pour croire aux bienfaits de ce mode alimentaire, ils vérifient les résultats concrets de leur nouveau régime en expérimentant chaque jour : ils guérissent spontanément de pathologies installées, de maux chroniques, retrouvent énergie et vitalité (à condition que le régime soit introduit et conduit en tenant compte du terrain de la personne !) et les résultats sont palpables en quelques semaines à peine.

Comme l’explique très bien Thierry Casasnovas dans le documentaire “Régénération” où spécialistes en biologie, en médecine moderne, en épigénétique, en neuroscience, en permaculture, en hygiénisme parlent d’une même voix (ainsi que le témoignage de nombreux patients qui ont guéri de pathologies lourdes – sclérose en plaque, maladie de Crohn, cancer du colon, de la thyroïde, de la peau) : Il ne s’agit pas là “d’une démarche dogmatique, mais d’une expérience directe : les résultats sont visibles rapidement” .

Que trouve-t-on dans un régime “raw” ?

Tous les fruits et légumes bios frais et secs, des herbes fraîches, des plantes fraîches, des graines, céréales et légumineuses germées (les légumineuses et céréales sont majoritairement consommées sous cette forme), des oléagineux (noix diverses), des graines, des huiles de première pression à froid, des algues, des aliments fermentés, des légumes cuits à la vapeur douce ou au four à très basse température. Ce régime est loin d’être restrictif, l’assiette est variée, colorée et goûteuse !

Le sel, le sucre ajouté, et tous les aliments d’origine animale ne sont pas consommés sauf quelques exceptions : les œufs peu cuits avec le jaune toujours coulant et les fruits de mer (huitres, moules, etc.), sur ce dernier point les avis divergent.

Les enzymes, le mot magique !

Une enzyme (ou un enzyme, nous pouvons dire les deux) est une protéine qui permet l’activation ou l’accélération de réactions chimiques, elle joue un rôle indispensable dans toutes les fonctions de l’organisme humain. Elles sont classifiées en deux catégories :

Les enzymes endogènes produites par notre corps. La salive elle-même contient des enzymes – d’où l’intérêt de bien insaliver les aliments avant de les avaler. La digestion commence dans la bouche !

Les enzymes exogènes apportées de l’extérieur avec les aliments crus uniquement.
Les enzymes présentes dans les aliments crus nous aident à ” prédigérer ” ces aliments, c’est-à-dire qu’elles commencent à décomposer les aliments avant que les enzymes de notre corps n’ interviennent : elles accélèrent les réactions biochimiques. La digestion s’en trouve grandement facilitée et c’est une déperdition d‘énergie considérable en moins pour notre organisme qui peut se concentrer sur autre chose, notamment la guérison en cas de maladie.

Pourquoi manger raw 🤔 ?

Vous l’aurez compris, parce que manger raw vous permet de bénéficier des enzymes, vitamines et minéraux qui sont partiellement ou totalement détruits par les processus de cuisson. Mais également pour retrouver une bonne digestion, une bonne assimilation et donc la forme, la pleine vitalité, un regain d’énergie, la santé tout simplement !
A présent, je vais vous poser une question : quelle est la part en pourcentage d’aliments crus dans votre alimentation sur une journée en moyenne ?
Les gens me répondent généralement entre 2 et 30%. Il me parait difficile de rester en bonne santé sur le long terme avec un apport d’aliments vivants si faible, cela entraînera nécessairement des carences (voire une déminéralisation) et donc un terrain propice à toutes sortes de pathologies. A ce niveau, il est donc indispensable d’augmenter la part de cru dans son alimentation.
Bien sûr, à cette problématique – et on pouvait leur faire confiance là-dessus – les laboratoires pharmaceutiques ont trouvé une solution miracle : les compléments alimentaires (vitamines, minéraux, enzymes, etc.) !!! La marque Pediakid du laboratoire INELDA a créé toute une gamme pour nos chers bambins sous forme de gommes petits nounours format bonbon : des gommes riches en vitamine C, multivitaminées, riches en oméga 3 et même des gommes probiotiques ! Elles sont présentées comme “une réponse naturelle” aux besoins de l’enfant et la marque avance qu’il est “quasiment impossible que l’alimentation, même bien équilibrée, couvre l’intégralité des besoins en micro-nutriments de l’enfant.”. Avec une alimentation majoritairement cuite et transformée, c’est certain !
Les vitamines, minéraux, enzymes en gommes, “une réponse naturelle” comme l’affirme la marque Pediakid ? Certainement pas. Les compléments alimentaires sont des molécules isolées de leur contexte naturel qui ne sont pas sans conséquence (mais c’est un autre sujet…). Il serait vraiment souhaitable que l’homme cesse de jouer aux apprentis sorciers en se croyant plus malin que la nature et qu’il retrouve un peu de bon sens et de raison en matière de santé et d‘alimentation. ça, c’est dit.

La Raw food, facile à mettre en pratique dans notre société ?

Que dire… pas évident ! Outre la famille et les amis qui vous prennent au début pour un illuminé (avant d’avoir goûté et compris la démarche!), il faut faire face au scepticisme général, aux croyances bien ancrées et, surtout, aux peurs (carences, maladie, sectes, etc.). Mais une fois la démarche assumée et les résultats visibles, tout devient plus simple.

Comment se mettre à la Raw food, par où commencer ?

En commençant par augmenter petit à petit la part de cru dans son alimentation. A défaut de devenir de crudivore – là n’est pas mon propos – il s’agira de réduire les céréales (féculents) considérablement, les sucres transformés (en retenant que seul le sucre naturel présent dans les fruits et légumes frais est bien assimilé par le corps : et oui, il y en a aussi dans les légumes), de faire l’impasse sur les produits animaux au profit d’aliments frais, entiers, vivants. Cela ne veut pas dire ne plus manger cuit ni se priver de préparations auxquelles nous sommes encore attachés, cela signifie passer de 10% de cru à minimum 60% ! Rassurez-vous, bien accompagné et encouragé, il est assez simple d’y arriver.
Revenons à notre raw foodist ! Quel matériel utilise t-il ?
– Côté cuisson : un deshydrateur qui remplacera petit à petit le four traditionnel (personnellement, je possède les deux et mon alimentation est entre 80 et 100 % raw en fonction des jours et saisons). La majorité des fours ne descendent pas en dessous de 120°C or il est essentiel de ne pas dépasser 42°C pour préserver les nutriments essentiels et notamment les enzymes.
– Un blender puissant pour confectionner des soupes, crèmes, desserts -> le robot vitamix est le plus performant.
– Un extracteur de jus à rotation lente pour re-minéraliser rapidement l’organisme dénutri par des années de cuisson haute température et d’aliments transformés.
– Un cuit vapeur pour respecter au maximum la vitalité des légumes et leur croquant.
– Un appareil à lait végétaux pour fabriquer soi-même ces petits nectars hautement nutritifs qui remplaceront le lait animal dans les diverses préparations.
Vous l’avez compris, manger “cru” ne se limite pas à des légumes coupés en bâtonnets ou râpés : le crudivore ou raw foodist ne se nourrit pas essentiellement de salade et graines germées comme le laissent entendre les croyances erronées ou propos non documentés. En CRUsine, on peut réaliser de délicieux plats très élaborés ! ☀️

Lasagnes végétales, spaghettis de courgette/sauces tomates/fromages végétaux, tartares, pâtés végétaux, norimakis, pizzas, crêpes, burgers, tartes salées ou sucrées, crèmes, soupes, gâteaux, etc. raviront vos papilles autant que votre corps et il ne fait pas de doute que la crusine n’a rien à envier à la cuisine !

Pour finir, manger raw, est-ce indiqué en cas d’intestin sensible ?

Au cabinet, en consultation de rééquilibrage alimentaire ou en atelier culinaire, je rencontre souvent des personnes qui disent avoir un intestin “irritable” ou encore une “candidose” et qui ont, de ce fait, supprimé les aliments crus de leur régime alimentaire. Je suis convaincue que ce n’est pas une solution et que cela conduit – à plus ou moins long terme – à réduire encore davantage son seuil de tolérance et, par conséquence, à affaiblir l’organisme (faisant le lit de toutes les pathologies modernes) :

Je ne vois pas comment quelqu’un peut guérir quand on lui supprime l’essentiel de ce qui, précisément, peut régénérer ses cellules intestinales et assainir son microbiote. Alors OUI, manger raw est plus qu’indiqué en cas d’intestin sensible (pour justement retrouver une flore de qualité et un intestin en pleine santé !), simplement de façon très progressive et avec un protocole toujours adapté.
Bon… il ne reste plus qu’à sortir de sa zone de confort en changeant quelques habitudes (et croyances) ! L’été arrive et c’est la saison idéale pour expérimenter la Raw food dans sa cuisine

Prenez soin de vous,

Virginie Militon, Ma part verte : Thérapie holistique et alimentation naturelle !

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